(Re)commencement

(Re)commencement
Ibi deficit orbis, ainsi l'ai-je décidé. Parce que changer de monde quand on veut, c'est fabuleux. On détruit l'ancien et sur ses ruines on en crée un nouveau. Maintenant, à quoi vais-je jouer ? Quel masque vais-je enfiler ? J'ai trouvé. Aujourd'hui, je vais devenir bête. Oublier de penser. N'est-ce pas merveilleux ?

Moi aussi je veux une mèche trop longue devant mes yeux (même si cela donne des boutons)
Moi
aussi je veut faire des fautes d'orthographe, partout partout, juste pour montrer que des règles, j'men fous (même celles de grammaire)
M
oi aussi j'veux des c½urs sur mes photos, du sang et des yeux charbonneux (juste pour être fake et qu'on me traite)
Moi
aussi je veut me prendre pour le centre du monde, être nombriliste (et ne pas voir plus loin que le bout de mon nez)
T
raiter les pouffes (et oublier que j'en suis une)
Me
remettre du gloss toutes les trois minutes et regarder si j'ai pas un message sur mon portable même en cours (parce que franchement les cours, c'est nul)

Et ou
blier à quel point les cheveux en bataille c'est merveilleux, ça vous donne un air sauvage et que c'est bien mieux que d'avoir la même coupe que tout le monde (on se croirait à l'armée)
Et
oublier à quel point j'écris bien, sans trop de fautes et comment mes mots ont du charme (je suis le mot émotion, pas détérioration)
Et
oublier la sobriété de mes rares photos qui par leur vide sont attractives (car il y a alors de la place à l'imagination)
E
t oublier les autres, mes amis qui m'ont construit (il faut bien des artistes pour tailler le bloc de glaise que je suis)
Et
oublier que je sors du lot, et que j'aime tout le monde (même les cons)
Et oub
lier que la beauté est naturelle, me travestir de trop, devenir une poupée rose, oublier à quel point le portable est inutile, que de toute façon je ne réponds jamais au téléphone (et que l'emporter en cours ne sers à rien)

Comment ça ce ne serait plus moi ? Je suis pleine de facettes. On est tous multiples, il suffit de pas grand chose pour être quelqu'un d'autre. Suffit de surprendre les autres. C'est mon monde d'un noir rosé, c'est ma vie. C'est ma bêtise. J'ai tout truit ! Je reconstruit.

Image : mathgen
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# Posté le dimanche 14 décembre 2008 06:07

Modifié le mercredi 21 janvier 2009 15:02

Une tasse de moi ?

Une tasse de moi ?
Et vous m'avez cru ?

Vo
us avez cru que je deviendrai autre, moi, qui jamais ne changerai ? L'inconstance ne change pas. Elle vous change. Si alors tout à coup je vous semble différente, c'est parce que vous, avez changé. Je suis l'enfant adolescent, l'adultin lutin, aux dents qui grincent. Crin, crin. Elles grincent, se frottent et frottent, frottent mes mots, les mots, leur donnent un sens que jamais ils n'ont eu auparavant. Crin, crin. Ecoutez le doux son de mon crincrin que je martyrise de mon archer fait de crins. Crin, crin.

Soyons sérieu
x, ou plutôt pas. Le sérieux ne sert à rien, à part pour se déguiser en adulte. Même eux d'ailleurs, ne sont pas sérieux. Ni justes, ni bons, ni rien. Tout ce que les adultes ont de plus, c'est de lourdes années sur leurs épaules, ce qu'on appelle la sagesse, que certains revendraient bien au kilos pour quelques kilo-années en moins, quelques kilomètres ou millimètres en moins. Voyons donc, de quoi vais-je pouvoir parler aujourd'hui ? Laissez moi le temps de boire mon thé, et je vous le dirai.

Thé très bo
n, d'ailleurs. Merci Mr. Russe, je commençais à me lasser du réglisse (qui, pourtant, est un délice).
Tiens, et si je
vous parlais de thé ? Et de tisane, bien sûr. La différence ? L'un est fait avec du thé, l'autre avec tant d'autres choses. Ce que je bois d'ailleurs, n'est pas du thé. C'est ni noir, ni vert, c'est rouge comme mes lunettes (qui sont très belles). C'est légèrement amer, c'est vraiment tout bon, tout doux, plein d'eau, de flotte, comme il en tombe du ciel. Une eau très calcaire, parce que l'eau du Nord est très calcaire. Pas de fruits rouges. Cynorrhodon et peut être assurément de l'hibiscus. J'y ai rajouté quelques gouttes de citron, ce qui en dénature le goût. Je suis malade, malade, malade. Même un rhume m'atteint.

Le
thé est bon, le t est meilleur que l'eau calcaire du Nord, que l'eau froide du Nord, que le cynorrhodon cru ou l'hibiscus en salade. Le thé serait meilleur si je n'y avais pas rajouté quelques gouttes de citron. Malade, malade, malade.

Je vous a
i donc parlé du thé. Ou plutôt, d'une infusion.

Image : Nacreous-Organic
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# Posté le mercredi 21 janvier 2009 14:58

Chaise

Chaise
Chaise ! Tu es si belle.
Chais
e ! Je t'aime.
Ode à une chai
se.

Voyez-vous donc
cette fière princesse, dressée sur ses quatre pieds de fer ? Faite d'un bois blond qui sent si bon ! Oh, qu'elle est belle, cette chaise ! Ses courbes sensuelles, faites de creux et de ronds me rappellent les vallées et collines d'une terre secrète, d'une terre de merveille. Sous mes doigts file son corps verni et lissé, fait d'un bois tendre et que je devine à sa claire couleur gorgé de soleil. Chaise ! Tu es si belle. Et, pliée en deux, accueillante et chaleureuse, tu nous invites à nous poser sur tes genoux, amante bienveillante. En toute circonstances tu nous supportes, chaise. Sur ton torse je pose mon dos, nos formes s'épousent, symbiose, excellence. Chaise ! Tu es faite pour moi, épouse-moi donc. Nous serions heureux, toi et moi, moi et toi et sur toi je tomberai, extenuée, les soirées des journées qui m'auront harassées. Chaise ! Je t'aime, tu es si belle.

***


La chaise qui volait

E
lle m'emportait, tout là haut dans le ciel, ma chaise, alors que par mégarde je m'assoupissais sur elle. Je croisais les oiseaux, j'épousais les nuages, et du haut de mon trône contemplait les hommes, s'affairant toujours autant, et ne dormant que la nuit venue, vidés. Et moi je disais à ma chaise de voler, plus haut ! Et je croisais le soleil, et je saluais les étoiles, et je contemplais la lune. Et je leur parlais, en prenant le thé, ou le café. Le soleil préfère le thé mais la lune n'aime que le café, vous savez. On bavardait, on parlait, et ma chaise, sans un soupir, nous écoutait, muette. Puis un coup éclatait, je retombais, ma chaise chutait. Parfois, je hurlais et j'atterrissais, violemment. Je me retrouvais, avachi sur une table. Je me retrouvé là, devant le maître qui, de son regard le plus méchant me fixais. Je m'étais assoupi. Et ma chaise, aussi surprise que moi, resta jusqu'à la fin de la journée les quatre pieds au sol.

Image : gnato
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# Posté le vendredi 23 janvier 2009 14:26